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❝Do you see something real or just some kinf of mirror starring back at you ?❞ × Esrä&Dorran



 
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Sam 24 Mar - 20:07


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Cela faisait déjà plusieurs jours que la délégation avait quitté l'oasis d'Osadii en direction du point de rendrez-vous. La situation était pour le moins inquiétante, un immense objet était tombé des étoiles pour venir se poser sur leur monde avec, en son ventre, de nouveaux arrivants. La chose s'était produite sur les terres Trikana mais cela concernait tous les clans. En effet, d'après les nouvelles apportées par les différents éclaireurs et colportées de village en village par les marchands ambulants, les nouveaux venus semblaient dotés d'armes et de savoir-faire qui dépassait de loin ce que ce monde avait à offrir. Ainsi, les quatre chefs de clans avaient décidé qu'il fallait se réunir et se concerter quant à l'attitude à adopter avec ces potentiels envahisseurs. Soka, le chef Rajàhor, avait demandé aux nomades de constituer une délégation de volontaires.

Dorran ne s'était pas porté volontaire, bien au contraire. Il ne se sentait pas du tout légitime pour se rendre à cette réunion mais, s'il le faisait, c'était pour rendre service. Le vieux marchand lui avait demandé d'intégrer la délégation parce que lui-même n'était pas en mesure de le faire. Et parce que Esrä, sa fille chérie, s'était portée volontaire pour on se savait quelle raison obscure. Le fabricant de poisons craignant pour la sécurité de la belle, c'était tout naturellement qu'il avait sollicité Dorran. Et puis, à présent que ces deux-là étaient fiancés, il leur faudrait s'habituer à cette nouvelle dynamique, l'homme à tout faire devrait veiller sur elle en toute situation. Il s'en serait bien passé, mais il n'avait pas le choix. Dans le contexte actuel, soit il épousait la pimbêche, soit il faisait ses adieux au clan nomade.

L'homme ne savait pas ce qui le retenait tellement chez les Rajàhor. Pourquoi restait-il, après tant d'années ? Il était bien incapable de l'expliquer. Il se sentait tout simplement à sa place parmi les gens du désert, bien qu'il devait bien reconnaître que la mer venait parfois à lui manquer. Toute cette étendue d'eau, la liberté bleue... Il l'avait troquée contre une étendue de sable et une toute nouvelle forme d'indépendance. Enfin, il n'en demeurait pas moins à l'abri de certaines responsabilités, preuve en était sa future union.

Le soir commençait à tomber et l'heure était venue pour la délégation de monter le camp pour la nuit. A l'horizon se profilaient les montagnes, terres natales des Kàvalii. Demain, ils atteindraient la barrière rocheuse et entameraient la prochaine étape de leur voyage. Pour le moment, les Rajàhor avaient posé leurs bagages autour d'une petite oasis qu'ils fréquentaient souvent lorsqu'ils quittaient le désert pour se rendre sur les marchés des autres clans. Ils ne risquaient pas grand-chose si loin de l'endroit où les envahisseurs s'étaient écrasés, à première vue, mais les nomades étaient des gens prudents. Un premier tour de garde fut donc instauré, tandis que le reste du groupe se divisait en plusieurs équipes pour monter le camp. Bien sûr, Esrä avait subitement disparu de la circulation dès que le mot "travail" avait été évoqué. Dorran n'était pas parti à sa recherche, il avait mieux à faire que de jouer à cache-cache avec la jeune femme.

S'affairant en périphérie du camp, il venait de terminer de monter trois tentes et avait rassemblé de quoi faire un feu. Après quoi, le reste de l'installation relevait de broutilles pour lesquelles son aide n'était plus nécessaire. Dorran s'était alors éloigné du groupe, recherchant un peu de calme loin du fourmillement incessant du bivouac. Il marcha jusqu'à l'endroit où les herbivores étaient parqués pour la nuit et s'assit sur un rocher non loin d'eux. Les dinosaures étaient calmes, et Dorran se surprit à se demander ce qui pouvait bien occuper leurs esprits. S'il avait été Orcëtii, peut-être aurait-il été capable de connaître la réponse... Mais le don ne s'était jamais manifesté chez lui.

Dorran ne savait pas depuis combien de temps il était assis là, à rêvasser. Ce qu'il savait, en revanche, c'était qu'un bruit était venu troubler sa solitude. Il tourna la tête en direction du bruit et vit une silhouette se découper dans la pénombre. « Ah. La voilà. » dit-il simplement en grommelant dans sa barbe. Les ennuis commençaient.
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Mar 27 Mar - 22:55


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La petite escorte d'une vingtaine d'âmes progressait rapidement sur les dunes de sable. Les uns derrières les autres, chevauchant leurs imposantes montures, ils traçaient une ligne, unique forme distincte au milieu du désert aride. Les Rajàhoriens étaient pressés, ils se déplaçaient vite et en silence, ce qui était contraire à leurs habitudes. Quand les caravanes de marchands voyageaient tout n'était que rire, musique et bavardages, le climat austère qui régnait dans leurs rangs mettait en évidence la nature toute autre de leur mission.

Cela faisait plusieurs jours qu'ils avançaient en rythme et même les vents violents ne semblaient pas les arrêter. Leurs journées étaient longues et leurs nuits courtes, et si la lassitude les guettait, l'excitation, la peur et l’incompréhension prenaient le pas sur toutes autres émotions. Ils avaient hâte d'arriver ! Habituée aux lents cortèges chargés de denrées à vendre sur les marchés, Esrä mit plus longtemps que les autres à s'accommoder de ces conditions de déplacement. En effet, la jeune femme piquait souvent du nez sur sa monture et Sitaara, son dinosaure herbivore, d'une nature calme et nonchalante, devait redoubler d'efforts pour suivre ses congénères et ne pas se laisser distancer sans maitresse pour la guider. Heureusement les autres membres du clan veillaient au grain et même s'il était tentant de laisser la vipère se perdre dans le désert, ils avaient tous bien trop de respect pour son père pour la voir disparaitre de cette façon.

Le chemin était long mais la tribut escorterait son chef jusqu'au point de rendez-vous des quatre clans, où tout se déciderait. En voyant les montagnes Kàvalii apparaitre au loin, premier point stable à l'horizon depuis des jours, la troupe décida de s'arrêter pour la nuit prés d'un petit oasis apportant l'eau nécessaire à la survie de leurs dinosaures.

Tandis que des hommes et des femmes s'activaient à dresser le campement, Esrä échappa à ces basses besognes en prétextant une forte migraine et fit mine de farfouiller dans ses affaires à la recherche de plantes médicinales imaginaires. Quand tous les rôles furent distribués, l'impertinente lança alors un "je vais chercher du bois" à la volée et s'éclipsa pour de bon. Bien entendu, inutile de préciser qu'elle ne ramènerait jamais la moindre brindille de son escapade. Marchant avec nonchalance jusqu'à l'orée de l'oasis, là où le désert commençait, là où seule la lumière de la lune pouvait guider ses pas, Esrä laissa ses pensées vagabonder. Elle repensait à ces derniers jours, à tous ces rebondissements qui venaient bouleverser cette vie si tranquille et....monotone. Il y avait d'abord eu l'annonce de son futur mariage avec "le sauvage Orcitan",comme elle aimait l'appeler, puis l'arrivé de cet oiseau de fer, menace planant sur leur monde et enfin cet appel des quatre chefs de clan à venir se rassembler chose qui, d'aprés ce qu'elle savait, n'avait pas été vu depuis la signature du traité de paix. Tous ces évènements apporteraient un changement radical à son existence. C'était comme si les Dieux se déchainaient sur elle après l'avoir oubliée pendant tant d'années. C'était effrayant ! Effrayant et à la fois terriblement tentant ! Depuis la mort de son frère, Esrä ne vivait plus rien, plus aucune émotion ne semblait animer son coeur et son esprit. Passant son temps à paresser ou à s’apprêter, elle observait le temps se figer sur son joli minois à ses travers ses miroirs jusqu'au jour tant redouté où sa beauté ne serait plus que le reflet de ce qu'elle avait été. L'aventure, l'amour, rien de tout cela ne faisait partie de sa vie...Trop protégée, elle n'avait jamais su se mettre en danger. Seule avec son orgueil, elle s'était fabriquée une forteresse imprenable, emprisonnant joie de vivre, passion et raison d'exister. Quant à ses caprices et sa langue acérée, ils en étaient les boucliers qui défendaient ce si triste domaine. Autant dire qu'en acceptant d'épouser Dorran et en se portant volontaire pour cette expédition, Esrä tapait fort des deux pieds sur ce chemin paisible et ennuyeux qu'on lui avait tracé.

Ses réflexions la menèrent non loin des enclos des dinosaures et alors qu'elle tentait de ne pas glisser sur les mousses et les fougères humides poussant dans l'oasis, un grognement familier attira son attention. Là sur son rocher trônait son futur époux toujours aussi jovial et chaleureux ! Un soupire de lassitude s'échappa de ses lèvres. Etait-il trop tard pour faire demi-tour ? La jeune femme eu un instant d'hésitation. Elle avait déjà imaginé cette confrontation dans son esprit. La Esrä lâche et immature se serait enfuie pour ne pas à avoir à affronter son destin, mais là nouvelle Esrä, celle qui prenait part à cette, soi-disant, dangereuse expédition, devait se montrer fière et courageuse en toutes circonstances. Il était temps de faire face à l'ennemi. Ce fut donc avec dédain qu'elle s'avança vers l'ancien marin.


"Tiens, justement, je te cherchais !"
Mentit-elle en s'arrêtant à quelques pas de l'homme, debout devant lui, les bras croisés sur sa poitrine. Ses yeux noirs jonchèrent son adversaire. Après tous ces jours passés à s'ignorer sans savoir comment réagir face à lui, il était plus que temps pour Esrä d'avoir une petite discussion avec l'homme qu'elle devait épouser. Il était tant qu'elle mette les choses au clair entre eux et pour ce faire sa stratégie était simple : attaquer, attaquer et attaquer encore...

"Ne crois-tu pas qu'on a des choses à se dire ? Ou peut-être attendais-tu que quelqu'un le fasse pour toi ? Je pensais ces barbares d'Orcitans plus téméraires !" Un petit sourire sarcastique naquit sur ses lèvres. S'il avait pensé trouver la quiétude loin du campement, il savait à présent qu'il s'était fourvoyé. La vipère ne lâcherait rien, en tant que Rajàhorienne et fille de marchands d'autres contrats devaient être passés ce soir, la promesse d'un mariage n'en était que le préambule.
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Ven 30 Mar - 16:56


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La démarche chaloupée de la jeune femme qui avançait dans sa direction aurait pu produire un effet certain sur Dorran s'il ne connaissait pas si bien la personne en question. Voilà sept années qu'il vivait sous le même toit que la demoiselle, et il était capable de déceler l'humeur massacrante de cette dernière rien qu'à la manière qu'elle avait de se mouvoir. Il y avait un peu trop d'énergie dans son déhanché, un peu trop d'amplitude dans les mouvements de ses bras... Bref, Esrä était en colère, ou du moins agacée. Le fait qu'elle était en train de se diriger droit sur lui comme un frelon visant sa cible en disait également long sur son état d'esprit. L'homme soupira, le moment de paix qu'il venait de savourer touchait définitivement à sa fin.

« Tiens, justement, je te cherchais ! » lança la belle pile au moment où elle se planta devant lui, à quelques pas de distance. Ses bras croisés confirmaient les soupçons de Dorran quant à l'état d'esprit de son interlocutrice. Il ne prit pas la peine de lui répondre, cela dit, sachant pertinemment qu'elle n'en avait pas besoin pour enchaîner sur le sujet qu'elle souhaitait aborder. Elle agissait toujours ainsi avec son père, ne laissant aucune chance au marchand de poisons d'en placer un une fois qu'elle était lancée dans l'un de ces longues tirades mêlant supplications et revendications dont elle avait le secret. « Ne crois-tu pas qu'on a des choses à se dire ? Ou peut-être attendais-tu que quelqu'un le fasse pour toi ? Je pensais ces barbares d'Orcitans plus téméraires ! »  renchérit-elle, un sourire sarcastique au coin des lèvre. Dorran, lui, ne souriait pas du tout. Alors c'était donc cela, la raison qui avait poussée la vipère à sortir de son nid.

L'homme demeura silencieux pendant quelques instants, fixant la mine réprobatrice de la Rajàhorienne. Finalement, il poussa un soupir dépité et se passa une main sur le visage. Puisqu'il fallait en arriver là. « De quelles choses veux-tu parler, au juste ? » demanda-t-il sur un ton las, fatigué par avance de la tournure que risquait de prendre cette conversation. Bien entendu, il avait compris qu'Esrä faisait allusion à lors prochaine union. Après tout, c'était à cause de ce mariage qu'il se trouvait là actuellement, au pied des montagnes, à destination du rassemblement des quatre clans. Il observa avec plus de détails la physionomie de sa future femme. Il n'arrivait toujours pas à imaginer la belle dans ce rôle, sans doute parce qu'il n'avait jamais envisagé une telle chose. A vrai dire, il n'avait jamais envisagé le mariage avec qui que ce soit, pas même lorsqu'il était encore parmi le peuple Orcitàn.

L'examen qu'il fit de la posture et de l'attitude d'Esrä était sans appel. La jeune femme prenait les choses bien plus sérieusement qu'elle le laissait paraître : elle était venue le trouver en endossant son rôle de marchande, ce qui, d'après l'expérience de Dorran au sujet de la manière dont la vipère menait son commerce, ne pouvait vouloir dire qu'une chose. « Tu es là pour négocier. » remarqua-t-il à haute voix. C'était évidemment, maintenant qu'il y repensait, que la Rajàhorienne n'accepterait pas son destin sans y apposer quelques conditions. Cela ne dérangeait pas Dorran, en soi. Cette union n'avait rien de sentimentale, il s'agissait simplement d'un accord de principe, d'un pacte permettant aux deux parties, à savoir le clan et lui-même, de s'en tirer au meilleur compte... Enfin, si l'on considérait que gagner la main de la capricieuse Esrä était une bonne chose. L'ancien guerrier n'avait pas encore pris le temps de réfléchir à ce que ce mariage impliquerait comme changements, dans les faits. Ainsi, poser les bases de cet accord avec la principale concernée était nécessaire, et cela leur permettrait à tous les deux de savoir à quoi s'en tenir. Il y aurait des limites à ne pas franchir pour chacun des deux époux, et un minimum d'efforts à fournir pour se comprendre mutuellement puisqu'ils n'étaient jamais parvenus à s'entendre jusqu'à présent. Dorran n'était pas un homme très compliqué, cela dit, et il était clair qu'il n'était pas non plus quelqu'un rompu aux arts du mensonge et de la tricherie. Il n'avait nullement l'intension de jouer à l'amoureux transi, et il n'avait ni l'envie ni la patience pour prétendre le contraire, mais Esrä devait certainement déjà le savoir. Ce que lui savait, en revanche, c'était à quel point la jeune femme pouvait se montrer redoutable en affaires. Il était donc impératif pour l'ancien marin de se montrer attentif à ces négociations, afin de ne pas se laisser avoir par le venin de la vipère.

Il se leva, écourtant ainsi la distance qui les séparait de quelques centimètres, mais il n'avança pas plus. Il s'agissait surtout pour lui de montrer à son adversaire qu'il la prenait au sérieux, un message qui passait mal s'il restait négligemment assis sur le rocher. De plus, se tenir debout lui permettait de toiser Esrä d'un peu plus haut, étant donné qu'il était plus grand qu'elle, et de la dominer par sa stature musclée. C'était à peu près tout ce qu'il pouvait faire en cet instant pour donner l'illusion d'être en position de force et d'impressionner légèrement la vipère, mais l'homme n'était pas dupe : il était loin d'être aussi doué qu'elle en négociation. Ce n'était pas un bavard, il ne possédait pas ce bagou dont les meilleurs marchands étaient naturellement dotés, en particulier dans le clan du désert. Il s'engageait donc dans cette bataille avec un handicap certain mais, peu importe ce qu'elle tenterait d'exiger de lui, il comptait bien défendre ses intérêts et ne pas céder à tous les caprices farfelus de la belle ! « Vas-y, je t'écoute. » Que le combat commence.
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Dim 1 Avr - 0:31


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Il était difficile de lire en Dorran. Il était certainement plus facile de comprendre les états d'âmes d'un cailloux. L'Orcitan était si bourru et taciturne qu'on ne savait jamais s'il était heureux, triste ou exaspéré. Ce caractère particulier, cette mauvaise volonté dans les rapports humains, c'était sans doute ce qui avait le plus dérangé Esrä au début de leur rencontre. Elle ne le comprenait pas. Elle qui passait son temps à exprimer avec exagération ce qu'elle voyait, aimait, ressentait, c'était comme s'adresser à un mur qui lui renvoyait sa propre frustration. Comment pouvait-il rester si calme et distant alors qu'ils étaient promis l'un à l'autre ? Avait-il seulement eu l'intention de venir lui parler avant leur mariage ? Allaient-ils jouer à s'ignorer pour le reste de leur vie conjugale ? Ne méritait-elle pas un peu d'égard après l'immense faveur qu'elle lui faisait en acceptant sa main ?

Les bras croisés devant lui, Esrä l'observait avec orgueil et si, à la base, leur rencontre sous cette lune était le fruit du hasard , elle ne laisserait pas passer cette occasion pour régler ses comptes. Trop fière de son petit discours d'introduction, la marchande ignora totalement le soupire de lassitude que poussa l'ancien marin en l'entendant, ainsi que le ton presqu'affligé avec lequel il lui répondit.

« De quelles choses veux-tu parler, au juste ? »

Esrä ouvrit la bouche comme un poisson hors de l'eau, déstabilisée. Etait-il simple d'esprit ou jouait-il la provocation ? De quelles choses pouvait-elle bien vouloir lui parler hormis ce fichu mariage ? Existait-il autre chose de plus l'important dans leur vie ? La menace de potentiels envahisseurs n'était qu'une bagatelle dans l'esprit d'Esrä. L'espace d'un instant, la belle se demanda si son vieux père avait vraiment mis au courant Dorran de ses projets tant l'homme semblait peu intéressé par la situation. Cette attitude désinvolte eu le don d'agacer un peu plus la marchande. C'était typiquement ce qui faisait d'eux des êtres incompatibles !

« Tu es là pour négocier. »

La nomade du désert haussa les sourcils, surprise. La remarque de Dorran coupa court à ses réflexions et elle le joncha du regard. Finalement, il n'était pas si stupide...à moins que ses intentions à elle soient trop faciles à deviner contrairement à lui. Cette idée l’embêtait. Ce n'était pas juste ! Ce n'était pas à lui d'avoir le monopole du mystère ! Et ce n'était pas à elle de faire des efforts pour tenter d'arracher une conversation à ce bloc de pierre ! Le sourire sarcastique d'Esrä se transforma en mine boudeuse à mesure qu'elle prenait conscience du marché fort peu avantageux qu'elle avait passé. Dorran ne chercherait jamais à la comprendre, peut-être devrait-elle en faire autant...

Ce fut en voyant l'Orcitan se lever et s'approcher d'elle qu'Esrä réalisa que le moment d'imposer ses conditions était venu. Elle allait devoir négocier son avenir aux côtés de son futur époux. Il fallait la jouer en finesse auquel cas l'homme se braquerait et elle n'obtiendrait rien de plus qu'un nouveau grognement de sa part. Prenant son air le plus sérieux possible, faisant mine de ne pas être impressionnée par la stature de l'homme qui se tenait face à elle, la vipère attendit patiemment l'occasion de mordre la première.

« Vas-y, je t'écoute. » Lui dit-il calmement.

« Très bien !" Répondit-elle en tentant d'imiter le ton de son interlocuteur. « Hé bien...Tout d'abord, je tiens à dire que je ne suis pas un objet rare que l'on vend ! Sache que j'ai accepté ce mariage de mon plein grès ! » Esrä fixa Dorran avec dignité. C'était certes un détail mais elle souhaitait être claire sur ce point, que personne ne dise jamais que son père l'avait bradée à un étranger.


« En tant que ta future épouse et à ce titre, tu dois me respecter ! »


Prononcer ces mots de vive voix avait quelque chose d'étrange pour Esrä, elle sentit sa voix tressaillir sous l'effet de l'émotion. En effet, en tant que femme elle devait affirmer sa position. Elle ne savait rien de l'homme qu'était Dorran, qui pouvait deviner quel époux il deviendrait ! Elle, l'enfant choyé, avait peut-être vendu son âme à un démon de la pire espèce !

La jeune femme resta silencieuse quelques secondes avant de reprendre de plus belle, décroisant les bras et serrant les poings malgré elle pour raffermir sa position.

« Je ne t'appartiendrai pas et je souhaite donc être libre de mes mouvements comme à mon habitude ! Bien entendu, c'est une condition qui m'est aussi opposable, tu feras ce qu'il te plaira, tout en m'étant fidèle cela va de soit ! »

L'air de rien, Esrä commençait à tisser ses toiles, imposant sa volonté de continuer à vivre comme elle l'entendait, autrement dit, Dorran ne devait pas s'attendre à ce qu'elle se mue en épouse exemplaire ou en mère de famille à la disposition des siens. Les prémices du contrat étaient posés, la vendeuse de poisons resterait telle qu'elle était, Dorran resterait lui-même...sans pour autant la trahir avec une autre ! Il eut été intolérable pour la vaniteuse Esrä que l'ancien marin puisse lorgner une autre femme qu'elle ! Quand on possède le plus beau des diamants, on ne peut pas envisager une seule seconde de toucher aux perles sans importance !

Satisfaite de ses premières suppliques, la marchande se détendit légèrement, passant en revue dans sa tête les nombreux points à aborder avec le marin.
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Dim 1 Avr - 14:20


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Dorran s'attendait à tout de la part de sa promise. La jeune femme était tellement extravagante qu'il était impossible pour l'homme de prédire le genre de demandes qu'elle allait formuler... S'il était prêt à fournir quelques efforts, il était cependant hors de question pour lui de céder à tous ses caprices ! Il l'avait donc encouragée à s'exprimer et à formuler ses demandes, même s'il savait pertinemment que la vipère n'avait pas besoin d'invitation pour affirmer son caractère et dire tout ce qui lui passait par la tête. « Très bien ! Eh bien... Tout d'abord, je tiens à dire que je ne suis pas un objet rare que l'on vend ! Sache que j'ai accepté ce mariage de mon plein grès ! En tant que ta future épouse et à ce titre, tu dois me respecter ! » énonça-t-elle tout d'abord d'un ton impérieux. L'ancien marin arqua un sourcil surpris. Pensait-elle qu'il n'était pas au courant de ce fait ? Croyait-elle qu'il aurait seulement accepté ce compromis de mariage si elle n'y avait pas consenti ? La supporter au quotidien était déjà bien suffisant, alors si jamais elle n'avait pas été d'accord... Cela aurait juste été impossible. Insupportable comme elle l'était, Dorran n'était pas fou au point de s'engager dans une telle union sans avoir la garantie minimum qu'elle n'emploierait pas toute son énergie pour faire de sa vie un enfer ! Un sourire en coin vint orner ses lèvres en constatant que la vipère avait besoin d'énoncer ce fait à haute voix, et il trouvait cela presque mignon quand sa voix tressaillit. La rose du désert, peu importait le nombre d'épines qui l'entouraient, demeurait ainsi une fleur fragile malgré tout... Il ne lui répondit pas, cependant, et se contenta de hocher légèrement la tête pour signifier à son interlocutrice que c'était entendu. Il n'avait, après tout, pas eu l'intention d'agir autrement à son égard.

« Je ne t'appartiendrai pas et je souhaite donc être libre de mes mouvements comme à mon habitude ! Bien entendu, c'est une condition qui m'est aussi opposable : tu feras ce qu'il te plaira, tout en m'étant fidèle cela va de soi ! » reprit alors Esrä d'un ton bien plus assuré. Si Dorran écouta calmement le début de cette revendication, la fin le prit de court. Ainsi, il fixa la jeune femme en silence pendant un long moment, incertain quant à la véritable signification de sa demande. Puis, sans crier gare, il s'esclaffa. Il n'avait pas l'intention de se moquer de l'innocente vipère, c'était plutôt un rire franc provoqué par l'étonnement. Décidément, sa future épouse était plein de surprises ! Il fit un effort pour se ressaisir rapidement et s'éclaircit la voix, reprenant son sérieux. « Eh bien, eh bien ! » débuta-t-il, effectuant un pas supplémentaire dans la direction de la vipère pour réaffirmer sa position dominante. Toute trace de sourire avait disparu de son visage, il ne voulait pas que son interlocutrice pense qu'il prenait ces négociations à la légère, bien au contraire. « C'est d'accord... A condition que la fidélité que tu me demandes soit réciproque. » Un éclair de sarcasme éclaira son regard. Il était parfaitement au courant de la situation sentimentale de sa promise... Absolument vierge de toute relation. Bien sûr, de nombreux hommes du clan s'étaient laissés tentés par son apparence envoûtante mais, dès que la belle ouvrait la bouche, le charme était rompu. Ainsi, entre ceux qu'elle faisait fuir par elle-même et ceux qui étaient mis en garde de rester loin de la vipère par leurs familles, elle demeurait pure à trente-deux ans. Il savait cela grâce à ses observations durant ces sept dernières années, et aussi car le vieux fabricant de poisons s'était déjà confié à l'ancien marin un soir où il avait trop bu. L'homme était inquiet pour sa fille, il ne souhaitait pas voir sa lignée se terminer avec elle, l'héritage millénaire de leur famille prendre fin si subitement... Mais, malheureusement, une demoiselle de bonne famille doté d'un si mauvais caractère telle qu'Esrä ne disposait pas de beaucoup d'options pour perdurer leur dynastie.

L'homme à tout faire croisa les bras sur sa poitrine, augmentant ainsi l'envergure déjà large de ses épaules. Il était pleinement conscient du fait que ses paroles et son attitude trahissaient le fait qu'il connaissait la situation de sa fiancée, et que c'était particulièrement indélicat de sa part d'agir ainsi. Cependant, il savait aussi qu'Esrä n'était pas une petite fille fragile que l'on devait protéger à tout prix et, puisqu'ils devaient négocier, autant jouer carte sur table. Ce contrat ne mènerait à rien s'ils ne parvenaient pas à se montrer honnête l'un envers l'autre, ce que Dorran voulait éviter. « Autre chose, peut-être ? » renchérit-il sur un ton de défi. Il se doutait que la vipère n'avait fait qu'effleurer la surface de cette conversation, il se préparait donc à encaisser son venin. De son côté, il lui venait également quelques points qu'il voulait aborder au cours des négociations... Mais il était encore trop tôt pour que l'ancien marin dévoile tout son jeu s'il voulait que ce pacte soit un tant soit peu équitable.
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Lun 2 Avr - 0:37


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Tout se passait comme prévu, Dorran semblait réceptif à son petit discours, du moins, c'était ce que ses hochements de tête laissaient penser. Esrä allait se lancer dans une nouvelle tirade, profitant d'un moment de silence pour couper court aux potentielles questions du marin. Mais avant qu'elle n'ait le temps d'ouvrir à nouveau la bouche, un son étrange sortit de la gorge de son interlocuteur. La marchande resta quelques secondes hébétée en comprenant que c'était un rire qu'elle entendait et qu'ainsi, l'homme se moquait ouvertement d'elle. Esrä fronça les sourcils, passant de la surprise à la vexation. Qu'avait-elle dit de si amusant ? Se plaisait-il à la voir quémander sa liberté de la sorte ? Faisant semblant que cette réaction ne l’atteignait pas, elle passa une main dans sa longue chevelure et attendit avec impatience que Dorran s'explique.

« C'est d'accord... A condition que la fidélité que tu me demandes soit réciproque. »

La vipère leva immédiatement les yeux et croisa le regard sarcastique de son futur époux. Que savait-il exactement d'elle ? Avait-il eu vent de sa vie sentimentale infructueuse ? De ses prétendues conquêtes imaginaires ? Esrä avait toujours su jouer de ses charmes pour obtenir les faveurs des hommes mais jamais elle ne s'était laissée séduire en retour et n'avait ainsi jamais compromis sa vertu. Elle se répétait souvent qu'aucun d'entre eux n'était digne d'elle et, après trente ans révolus, l'idée de prendre amant ou époux s'était évaporée tout simplement. Elle n'avait pas à en avoir honte bien au contraire, pourtant un frisson lui parcourut le corps et ses joues rondes s'empourprèrent sur le coup. Peut-être était-ce le fruit de son imagination, peut-être que Dorran avait prononcé ces mots par soucis d'équité, mais la jeune femme ne pouvait s'empêcher de soupçonner que ce sale fourbe d'Oritàn prenait un malin plaisir à la ridiculiser.

« Oui...hum...bien sur..cela va de soit ! » Marmonna-t'elle gênée, laissant son regard s'attarder étrangement sur ses pieds comme s'ils étaient devenus étonnement la chose la plus intéressante que possédait cette planète.

« Autre chose, peut-être ? » Continua l'homme devant elle. La vendeuse de poisons mit quelques instants à remettre de l'ordre dans ses pensées, assez de temps pour se rendre compte que Dorran s'était rapproché d'elle et que c'était lui qui menait la discussion au lieu de la subir. Elle n'avait pas vu venir ce revirement de situation ! C'était pourtant sa spécialité en tant que marchande ! Il n'avait pas fallu longtemps à l'étranger pour déstabiliser son adversaire. En même temps qui ne le serait pas ? Existait-il conversation plus délicate qu'un marché entre futurs époux qui n'ont aucun sentiment l'un pour l'autre ? Esrä ne devait pas se laisser impressionner, il était hors de question que cet homme ait un quelconque ascendant sur elle ou alors elle perdrait tous les avantages qu'elle tentait de s'octroyer. Reprenant du poil de la bête, la vipère se dota d'un air plus sombre et s'avança un peu plus vers son adversaire. Ils étaient à présent à moins d'un mètre l'un de l'autre, et malgré sa plus petite taille, Esrä n'hésita pas à planter son regard déterminé dans celui de Dorran. Un doigt accusateur vint s'écraser sur le torse musclé de l'Orcitàn prouvant l'audace et la désinvolture de sa propriétaire.

« Autre chose peut-être ? » Répéta Esrä agacée en imitant grossièrement la voix du marin. « Dis donc, je ne suis pas là pour te mâcher le travail Dorran ! Comme tu l'as dis je suis venue négocier ! Si tu n'es pas prêt pour ça ou si tu t'en moques, autant faire une croix sur notre union ! »

Après tout c'était leur avenir commun qui se décidait ici et maintenant et non une liste de courses à récupérer au marché. Esrä ferait tout pour sortir gagnante de cet accord, bien entendu, mais pour cela elle devait être certaine que Dorran jouait le jeu et qu'il ne bafouerait pas ses promesses à la première occasion.

« Mon pauvre père en serait mortifié ! Tu es comme un fils pour lui, te voir repartir auprès de ton ancien clan parce que nous n'avons pas été capables de nous entendre...» La vipère laissa sa phrase en suspens, la mine faussement attristée, histoire que le marin culpabilise un peu et arrête de jouer au plus malin avec elle.

« D'ailleurs ! Parlons-en de ton ancien clan ! » A nouveau, sans s'en rendre compte, son doigt vint piquer la poitrine de l'Orcitàn. « Qui me dit que tu n'es pas déjà marié ? Qui me dit que tu n'as pas une famille quelque part qui t'attend ? Je ne sais rien de toi Dorran, depuis sept années que tu nous côtoies, je n'ai pas la moindre idée de ta vie passée ! » Cette fois-ci l'irritation se lisait clairement sur le visage d'Esrä. C'était un sujet particulier qui la préoccupait plus qu'elle ne voulait l'admettre. Si au début de leur rencontre la Rajàhor se fichait pas mal de cet homme et de son destin, les rumeurs, la curiosité et le mystère qui l'entouraient la poussaient à en savoir plus. Et elle n'était pas la seule ! Ignorer le passé trouble d'un étranger passe encore mais celui de son mari, c'était inacceptable selon elle ! En sept ans, Dorran devait tout connaitre ou presque d'Esrä, elle ne pouvait pas lui laisser cet avantage !

« Je ne m'attends pas à ce que tu me la racontes maintenant mais...promets moi de le faire, un jour ! » Ses grands yeux noirs typiques des femmes de sa communauté jonchèrent ceux du marin dans l'attente de cette promesse tandis qu'une brise légère s'éleva et fit danser ses cheveux, capturant l'instant. Peut-être y verrait-il un caprice de plus facile à exaucer, mais pour Esrä ce serait une petite victoire dont elle pourrait se vanter par la suite.

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Lun 2 Avr - 20:17


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L'homme avait repris le contrôle de la situation en déstabilisant on adversaire, mais ce ne fut que passager. En effet, en digne marchande Rajàhorienne, la jeune femme ne mit pas longtemps à reprendre ses esprits et à affirmer son caractère. Ce fut en effet elle qui réduisit un peu plus la distance qui les séparait et qui pointa son index directement dans la poitrine de son futur époux. Elle n'avait pas peur de lui, ce qui était parfaitement normal étant donné qu'ils se côtoyaient par la force des choses depuis de nombreuses années et que l'homme n'avait jamais eu pour intension de l'effrayer... Ce qui inquiétait plutôt Dorran, c'était qu'elle semblait ne pas le prendre au sérieux en tant que négociateur, et ce fut cette pensée plutôt que l'attitude bravache de la vipère qui le fit froncer les sourcils. « Autre chose, peut-être ? Dis donc, je ne suis pas là pour te mâcher le travail Dorran ! Comme tu l'as dis je suis venue négocier ! Si tu n'es pas prêt pour ça ou si tu t'en moques, autant faire une croix sur notre union ! » La voilà qui crachait de nouveau son venin ! Dorran ignora délibérément l'imitation grotesque de sa promise. En revanche, la suite de son discours retint davantage son attention. Faire une croix sur leur union ? Aussi étrange que cela pouvait paraître, ce n'était pas vraiment quelque chose que l'homme envisageait. Il n'était certes pas amoureux de sa fiancée, mais il y avait bien plus en jeu que leur hypothétique bonheur conjugal ! L'ancien marin ne se voyait tout simplement pas quitter le peuple du désert après tant d'années passées à leurs côtés. Où irait-il ? Il devrait recommencer sa vie à nouveau, alors qu'il commençait à penser qu'il pourrait peut-être trouver sa place parmi les nomades... Cette menace le prenait définitivement de court, ce qu'il n'aimait pas du tout.

Il n'eut cependant pas l'occasion de protester que la belle avait déjà repris la parole. « Mon pauvre père en serait mortifié ! Tu es comme un fils pour lui, te voir repartir auprès de ton ancien clan parce que nous n'avons pas été capables de nous entendre... » ajouta-t-elle sur un ton faussement affecté. Quelle manipulatrice ! Cette mise en scène était ridicule, jouer ainsi sur les sentiments de son vieux père, l'homme qui avait accueilli l'ancien guerrier à bras ouverts et lui avait permis de mener une nouvelle existence après la guerre ! Dorran poussa un grognement mi-agacé, mi-exaspéré par ses manigances. Il nota dans un coin de son esprit de rajouter cela à la liste de ses exigences mais, une fois de plus, ses réflexions demeurèrent au stade de pensées car son adversaire passait déjà au sujet suivant.

« D'ailleurs ! Parlons-en de ton ancien clan ! Qui me dit que tu n'es pas déjà marié ? Qui me dit que tu n'as pas une famille quelque part qui t'attend ? Je ne sais rien de toi Dorran, depuis sept années que tu nous côtoies, je n'ai pas la moindre idée de ta vie passée ! » Ce sujet-là, Dorran ne l'avait pas vu venir. Peu de gens connaissaient son passé, c'était un fait. En réalité, dans le clan Rajàhor, il n'y avait que le vieux marchand de poisons et le chef, Soka, qui savaient exactement d'où il venait et quelle avait été sa vie avant le naufrage. Le fait que la vipère soit curieuse à ce sujet le surprit sincèrement. Et puis, il réalisa que ce n'était pas forcément pour les raisons auxquelles il pensait qu'elle voulait connaître son passé, mais plutôt, comme elle venait de le faire comprendre, pour se rassurer. L'homme poussa alors un soupir légèrement déçu, il aurait aimé ne jamais avoir retrouvé ses souvenirs. Ne jamais avoir à reparler de cette ancienne vie.

Le doigt de la vipère vint de nouveau se presser contre son torse en signe de défi. Agacé, l'ancien marin saisit soudainement le poignet de sa promise pour qu'elle cesse ce petit jeu. « Je ne m'attends pas à ce que tu me la racontes maintenant mais... Promets moi de le faire, un jour ! » renchérit-elle alors, ses grands yeux noirs reflétant le ciel étoilé. Dorran fut tellement perturbé par la sincérité qui transparaissait dans les mots d'Esrä qu'il en oublia de lui lâcher le poignet. Il s'était peut-être trompé, finalement, peut-être qu'une part de la jeune femme s'intéressait à son histoire pour d'autres raisons que celles qui lui étaient dictées par la bienséance et sa fierté personnelle.

Il se laissait totalement embobiner par son interlocutrice et il n'en avait même pas conscience. L'homme finit par s'éclaircir la voix, tentant de reprendre ses esprits et de rompre le charme que cette beauté empoisonnée lui avait jeté. « Très bien. Un jour. » finit-il par dire sur un ton bourru. Voilà une concession qu'il aurait préféré éviter ! Décidément, la marchande était redoutable, il fallait qu'il redouble de vigilance... Une idée lui traversa subitement l'esprit et un sourire sarcastique vint étirer ses lèvres tandis qu'il se pencha de quelques millimètres vers l'avant, comme pour mieux narguer l'adversaire. « Je te raconterai mon passé le jour où tu seras capable de me battre en combat singulier. » énonça-t-il fièrement. Ce point, il y tenait tout particulièrement : il n'allait pas passer le reste de sa vie à surveiller les arrières de son épouse. Elle devait apprendre à se battre, car lui avait d'autres choses à faire que de jouer au prince charmant sauvant la donzelle à la première occasion un tant soi peu dangereuse qui se présenterait ! Pour lui, c'était inconcevable de voir des habitants peuplant cette hostile planète incapable de se défendre. Il se montrerait donc intransigeant concernant ce sujet.

« Tu peux apprendre auprès de qui tu veux. Un garde du clan. Teilà. Moi. » Il marqua une légère pause. Il n'avait pas pour but de vanter ses propres mérites en se plaçant ainsi directement après la seconde du chef, mais le fait était qu'il formait déjà les jeunes guerriers du clan et que son expérience Orcitàne faisait de lui l'un des mieux placés pour instruire la vipère. « Peu importe qui tu choisis. Tu dois être capable de te défendre avec d'autres armes que tes mots ou les poisons que tu vends. » La conversation était très sérieuse. S'il épousait Esrä, il deviendrait en partie responsable d'elle, conformément aux coutumes des nomades. Il ne tenait pas à porter cela sur sa conscience si quelque chose devait lui arriver et qu'il n'était pas là pour prendre la situation en main.
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Mer 4 Avr - 22:39


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La brise légère qui s'était levée emportait avec elle les senteurs parfumées des fleurs de l'oasis et tandis que leurs regards se défiaient sous les rayons de la lune, Esrä ne pu s'empêcher de trouver l'instant curieusement poétique. Fut-ce son imagination qui lui jouait des tours ou voyait-elle réellement Dorran troublé par ses grands yeux de biche et l'air sincère qu'elle s'efforçait de prendre ? Lui qui, d'habitude, semblait totalement hermétique aux charmes de la marchande n'était même plus capable de libérer le poignet de la jeune femme lorsqu'agacé par ses petites attaques il le lui avait emprisonné. Un léger sourire de satisfaction anima les lèvres de la vipère. Esrä savait qu'il se livrerait ! Tôt ou tard, il lui révèlerait son passé, la Rajàhorienne avait bien d'autres atouts dans son jeu à dévoiler !

« Très bien. Un jour. »

La victoire se peignit sur son joli visage. La victoire d'entendre ce qu'elle voulait, la victoire de savoir que finalement Dorran était un homme comme les autres et qu'avec les bons mots et les bons regards, il lui serait de plus en plus difficile de résister à sa future femme. Il devait penser que ce n'était qu'une promesse en l'air mais sa jeune épouse saurait lui rappeler les termes de ce contrat passé par une nuit étoilée quelque part au milieu de ces terres désertiques. Il n'oublierai pas, elle l'empêcherait d'oublier. L'air suffisant qui habitait chaque parcelle du corps voluptueux de la nomade s'effaça cependant aussi vite qu'il s'était installé lorsqu'un sourire sarcastique se greffa sur la bouche rude et fallacieuse de l'Orcitàn. Sans que la vipère ne s'en rende compte, le visage du marin s'était rapproché du siens, la toisant avec autorité ! Dans les ténèbres, à la lumière de la lune, de part sa carrure et son visage marqué d'une longue cicatrice, Dorran était encore plus impressionnant ! Elle frissonna.

« Je te raconterai mon passé le jour où tu seras capable de me battre en combat singulier. »

Cette condition troubla quelque peu la marchande et elle ne chercha pas à cacher son scepticisme, haussant haut ses sourcils. Pensait-il vraiment qu'elle serait capable de le battre ? C'était ridicule, Esrä n'avait jamais touché à une lame de sa vie et les combats au corps à corps avaient l'air tellement....douloureux ! Comment pouvait-il apposé une condition pareille ? C'était injuste ! Inéquitable ! Un marché impossible qui n'était pas digne d'un futur Rajàhorien.

« Mais je.... ! » Tenta de se défendre la nomade, en vain, l'homme ne la laissa pas argumenter. Elle pourrait apprendre à se battre auprès de qui elle souhaitait disait-il.

« Peu importe qui tu choisis. Tu dois être capable de te défendre avec d'autres armes que tes mots ou les poisons que tu vends. » Pour la première fois depuis....toujours, Dorran imposait sa volonté face à Esrä. C'était un jour à marquer d'une pierre blanche ! C'était tellement inhabituel que la vipère en perdit ses mots et son venin par la même occasion. Bien évidemment, elle trouvait l'idée absurde et elle ne savait même pas comment formuler ses pensées dans ce sens. Pourquoi devrait-elle savoir se défendre puisqu'elle gagnait un époux pour veiller sur elle et des guerriers pour combattre les ennemis du clan ? Toutes les femmes Orcitànes savaient-elles manier l'épée et le harpon ? Etait-il si étrange pour Dorran de vivre auprès des personnes comme Yhùan, Sandaï ou elle, des êtres qui n'avaient jamais été éduqué à l'art du combat ? Avant d'émettre une quelconque réponse, les grands yeux noirs d'Esrä se mirent à dévisager son interlocuteur, s'attardant sur la marque qui balafrait son oeil. Pensive et silencieuse, elle se rappela la première fois qu'elle avait posé le regard sur Dorran alors que son père l'avait sauvé des eaux. Plongé dans un sommeil sans rêve, elle était restée à son chevet, âme transparente, en se demandant combien de vie, combien de combats ou de souffrances cet étranger avait vécu. Pour connaitre ses secrets Esrä n'avait, semble-t'il, pas le choix !

« Très bien ! J'accepte ! J'apprendrai à tes côtés et je te combattrai ! » Dit-elle dans un soupire lasse en détournant le regard.

« Tu peux me lâcher maintenant ? » Rajouta-t'elle mi-amusée, mi-agacée en agitant légèrement son poignet resté emprisonné.  « A moins que tu n'arrives déjà plus à te passer de moi ! »  Un petit sourire espiègle anima son visage, il était rare de voir la marchande afficher autre chose que des sarcasmes, sans doute l'heure tardive et leur long périple jouaient sur son caractère le rendant moins factice.

La brise légère qui avait bercé les prémices de la nuit s'était renforcée et bientôt un vent frais presque glacé s'abattit sur l'oasis. Esrä, pourtant habituée à ce climat extrême, brûlant le jour, glacial la nuit, n'avait pas pensé à se vêtir davantage et ne put que resserrer un peu plus l'étoffe colorée qui couvrait ses frêles épaules. Le silence s'était à nouveau immiscé entre eux.

« J'ai une dernière chose à te demander !»    Annonça solennellement Esrä en fixant ses pieds, sentant que le temps des pactes serait bientôt révolu. « Quoiqu'il arrive, quoique mon père te dise, ne m'oblige jamais à reprendre la fabrication des poisons ! Je veux bien les vendre mais je n'y toucherai plus...» C'était peut-être une requête absurde pour lui, mais c'était un point fondamental pour Esrä, tellement important à ses yeux qu'elle sentit sa gorge se nouer rien qu'en l'évoquant. Elle espérait qu'elle n'aurait pas à se justifier davantage !

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Jeu 5 Avr - 11:50


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Lorsque l'ancien marin avait formulé sa demande, Esrä avait tout d'abord semblé révlotée. Dorran ne lui avait pas laissé l'occasion de protester, du moins pas avant qu'il eût fini d'exposer sa condition. En observant la réaction de son interlocutrice, il se rendit compte à quel point les choses pouvaient différer d'un clan à l'autre. Bien évidemment, l'entièreté du peuple Orcitàn n'était pas capable de se battre, mais c'était le cas pour la majorité et ils enseignaient les bases du combat à tous les jeunes, sans distinction. Le clan Rajàhor, de son côté, semblait enclin à négliger une partie de la population lorsque l'on en venait à l'art de la guerre... Sans doute car ils s'étaient trouvés moins impactés que les trois autres tribus durant la guerre millénaire. Il n'y avait qu'à considérer leur rite de passage à l'âge adulte, quel risque et quel challenge y avait-il à simplement amadouer un herbivore ? Leur vie n'était pas en danger. C'était le rite le plus pacifique et le plus sécurisé qui existait.

Dorran laissa la demoiselle prendre le temps nécessaire pour peser le pour et le contre. Il se tenait prêt à riposter et à se montrer intransigeant sur ce point au cas où la vipère tenterait une nouvelle fois d'instiller son venin. « Très bien ! J'accepte ! J'apprendrai à tes côtés et je te combattrai ! » répondit-elle subitement, prenant l'Orcitàn de court. Il ne s'attendait absolument pas à la voir capituler aussi rapidement ! Il trouvait d'ailleurs cela tellement suspicieux qu'il fronça légèrement les sourcils et scruta attentivement les traits de son visage à la recherche d'une quelconque trace de mensonge. Il ne trouva rien, si ce n'était le fait qu'elle avait détourné le regard et qu'il ne pouvait donc pas être certain de sa sincérité. « Tu peux me lâcher maintenant ? A moins que tu n'arrives déjà plus à te passer de moi ! » renchérit-elle en se moquant. Dorran abandonna sa tentative de démasquage. En sentant le poignet de sa promise s'agiter entre ses doigts, il se rendit compte que, effectivement, il n'avait pas relâché son emprise. Il avait tout simplement oublié, concentré comme il l'était sur la conversation. Aussitôt, il écarta les doigts et vint croiser ses bras contre sa poitrine. Son geste avait été rapide, comme si le contact de la jeune femme l'avait subitement brûlé. Il grogna pour signifier à quel point il trouvait cette blague absurde.

Une brise fraîche se leva, la nuit avait définitivement installé ses quartiers sur le camp. Il observa Esrä frissonner et tenter de se réchauffer sous son étole sans réagir. Cette absence de mouvement était voulue : il ne manquerait plus qu'elle le pense amoureux ! Puisqu'elle souhaitait conserver son indépendance et son libre-arbitre, qu'elle se débrouille pour rivaliser avec le climat. Dorran était redevenu taciturne et distant, refusant de laisser croire à la vipère qu'elle possédait une quelconque emprise sur lui. Le mariage qui s'annonçait était déjà bien suffisant. Il détourna son visage de la belle pour lancer un regard en direction des dinosaures parqués non loin. Les animaux étaient parfaitement calmes et paisibles, se préparant à obtenir le sommeil réparateur dont ils avaient besoin pour assurer la fin du voyage. Finalement, ce fut la voix de sa future épouse qui ramena l'ancien marin à la réalité. « J'ai une dernière chose à te demander ! »

Sa voix n'était plus emprunte de moquerie, ni même de l'arrogance qu'elle arborait souvent. Remarquer ce fait rendit Dorran particulièrement curieux quant au contenu de cette ultime condition. Il reporta donc son attention sur le visage gracieux de son interlocutrice mais, une fois de plus, fut incapable de rencontrer son regard : elle baissait la tête. L'homme à tout faire arqua un sourcil surpris : s'agissait-il d'une autre ruse ou bien le sujet qu'elle souhaitait aborder était-il délicat au point de la voir adopter une telle attitude ? Il n'eut pas longtemps à attendre avant d'obtenir la réponse à cette question. « Quoiqu'il arrive, quoique mon père te dise, ne m'oblige jamais à reprendre la fabrication des poisons ! Je veux bien les vendre mais je n'y toucherai plus... » énonça-t-elle alors simplement, masquant son émotion.

Dorran la dévisagea en silence pendant de longues minutes. Il ne portait pas de jugement sur cette requête, il connaissait le passé de sa promise. En effet, le vieux fabricant de poisons lui avait conté la mort tragique de son épouse, et les effets que cela avait irrémédiablement engendré sur l'attitude de sa fille chérie. Mal à l'aise, l'Orcitàn s'éclaircit la voix et fixa un point à l'horizon. Il ne s'était pas préparé à aborder ce sujet avec Esrä, elle n'avait pas pour habitude d'en parler. Une fois de plus, cette conversation prenait des tournants qu'il n'avait pas envisagé. Au bout de quelques temps, il soupira et secoua légèrement la tête. « Entendu. » Il n'avait jamais eu cette intention, de toute manière, et le vieux Rajàhor avait déjà commencé à le former pour qu'il assure ce rôle à la place de sa fille. Bien sûr, il pouvait comprendre pourquoi le marchand aurait voulu voir son unique descendance perdurer les traditions mais, dans un sens, il avait trouvé la meilleure solution à ce problème en transmettant son savoir à Dorran.

« Il faudra tout de même que tu t'investisses davantage dans le commerce familial. Personne n'achètera vos marchandises en sachant que c'est un Orcitàn qui les fabrique, sauf si c'est une Rajàhorienne qui les vend. » la prévint-il cependant. Si elle ne tenait pas à voir son héritage disparaître, elle devrait prendre plus de responsabilités. Après tout, il s'agissait de leur gagne-pain et, un jour où l'autre, le commerce tout entier reposerait uniquement sur leurs quatre épaules ! Dorran estimait que c'était à elle d'endosser ce rôle, puisqu'il était question de ses ancêtres. De plus, il ne se voilait pas la face, la vente n'avait jamais fait partie de ses compétences... Pas assez souriant, pas assez aimable, il fallait toujours un certain temps d'adaptation avant que les gens ne se mettent à l'apprécier, un temps dont il ne disposait pas sur les marchés, lorsqu'il s'agissait de conclure une transaction commerciale. « Bien. J'ai à mon tour un dernier point à éclaircir avec toi. » ajouta-t-il subitement, profitant de cet instant plus calme dans la conversation pour porter le coup final.

« Ne provoque pas de nouvelle guerre au cours du rassemblement. Et reste loin des envahisseurs. » Il avait prononcé ces mots de manière tout à fait sérieuse, conscient des dégâts que le fort caractère de sa promise pouvait engendrer. Cela faisait dix ans que les peuples de ce monde cohabitaient plus ou moins calmement, mais il savait qu'il suffirait d'un rien pour ébranler la paix. Un grain de sable suffisait. Et il n'avait pas du tout envie de revivre un tel enfer. Quant à la seconde partie de sa requête, elle rejoignait le désir de Dorran de ne pas avoir à veiller constamment sur elle comme on le ferait pour un enfant. Si les choses devaient mal tourner, il ne voulait pas avoir à rentrer auprès du père de sa promise pour lui annoncer un drame. Lui survivrait, il le savait, mais elle... Il avait de sérieux doutes quant à ses aptitudes en situation de danger ! Enfin, puisqu'il était responsable de la vipère au cours de ce voyage, il espérait qu'elle saurait se montrer prudente. En soi, il ne s'agissait pas du tout d'une requête en lien avec leur future union mais plutôt l'expression de préoccupations plus immédiates. Une fois le rassemblement passé et leur retour sur leurs terres actés, ce dernier détail de leur discussion appartiendrait au passé.
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Dim 8 Avr - 2:12


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Évoquer la mort de sa mère et les conséquences désastreuses que cela avait eu sur son caractère et sa vie en général rendirent Esrä mélancolique. Après avoir fixé ses pieds pendant un long moment, elle releva la tête pour mieux détourner le regard, incapable d'affronter celui de l'Orcitàn. Elle se moquait pas mal de ce qu'il pouvait penser d'elle à cet instant, peut-être trouvait-il sa requête ridicule, peut-être pensait-il comme beaucoup que se soustraire à son héritage était une erreur, peut importait tant qu'il acceptait sa demande sans compromis ! Et ce fut ce qu'il fit ! Après un moment à la faire languir, l'ancien marin soupira son accord. Parfait ! Ils n'auraient plus jamais à évoquer ce douloureux souvenir à l'avenir. Esrä se sentit tout à coup beaucoup plus soulagée, laissant un léger sourire illuminer son joli minois.

« Il faudra tout de même que tu t'investisses davantage dans le commerce familial. Personne n'achètera vos marchandises en sachant que c'est un Orcitàn qui les fabrique, sauf si c'est une Rajàhorienne qui les vend.» Ajouta l'homme avec sérieux tout en réfléchissant à leurs rôle au sein de leur prochain nouveau foyer, ce que Esrä prit pour de la condescendance venant d'un étranger qui n'avait à la base aucun lien avec sa famille ou le clan Rajàhor. La désinvolte petite vipère leva les yeux au ciel, agacée de l'entendre dire qu'elle devrait mettre la main à la pâte. On ne l'avait jamais obligée à faire quoique ce soit dans sa vie et ce n'était pas un sauvage d'Orcitàn qui commencerait. Bien entendu elle écumerait les marchés pour vendre leurs produits, elle n'était stupide ! Leurs richesses ne tombaient pas du ciel. Mais de là à croire qu'elle travaillerait d'arrache-pied pour leur affaire, là était une toute autre histoire. Pour toutes réponses, il n'eut droit qu'à un bougonnement suivi d'un long soupire, ce qui de ce fait ne l'engageait à rien !

«  Bien. J'ai à mon tour un dernier point à éclaircir avec toi.» Renchérit subitement le natif des eaux, pressé semblait-il d'en finir avec les négociations. Décidément, Dorran était bavard ce soir, ils échangeaient plus de mots en une nuit qu'en sept années passées ensemble, un comble ! La Rajàhorienne demeura silencieuse, curieuse de connaitre la dernière requête de l'homme qui scellerait leur futur commun. Ses yeux observèrent un instant le visage de l'homme qui à travers les ombres semblait se renfrogner toujours plus.

« Ne provoque pas de nouvelle guerre au cours du rassemblement. Et reste loin des envahisseurs. »

Esrä resta interdite face à de tels propos. Ses yeux noirs parcourent un long moment les traits du marin dans l'espoir qu'un sourire apparaisse, qu'un rire se fasse entendre prouvant que l'Orcitàn était doté d'un sens de l'humour ignoré de tous. Non, ça n'avait rien d'une plaisanterie ! Dorran pensait réellement ce qu'il venait de dire ! Il avait une telle opinion de la marchande qu'il la croyait capable de déclencher une guerre ! Pire, qu'elle était peut-être à l'origine de la première tant son mauvais caractère était la source de tant de maux sur cette terre. Bien sur, c'était elle la grande méchante ! L'animal incapable de refréner ses pulsions de haine à l'égard des autres êtres qui l'entouraient ! Pour qui Dorran la prenait-elle ? Elle était une femme dotée d'intelligence, plus maligne qu'il ne le pensait et certes, même si les Dieux l'avaient doté de traits avantageux, que beaucoup enviaient, jamais elle n'avaient poussé qui que ce soit à combattre pour elle ou pour n'importe quelle cause d'ailleurs ! Elle ne s’intéressait pas à la politique des clans, elle souhaitait simplement faire partie de cette réunion pour en savoir plus sur les envahisseurs et repousser un peu plus ce mariage à venir qui l'ennuyait. Vexée à l'idée que son futur époux puisse la croire incapable de se contrôler lors d'un rassemblement d'une telle importance, Esrä le foudroya du regard, les deux mains sur les hanches.

« Et c'est toi qui m'en empêchera peut-être ? » Ses mots sifflèrent entre ses lèvres devenues amères. Son regard se chargea de mépris. Elle qui pensait qu'ils étaient capables de trouver un terrain d'entente, l'ancien marin était vraisemblablement le dernier des idiots pour ce qui était de comprendre les femmes comme elles.

« Tu n'es pas encore Rajàhor Dorran, tu n'as rien à exiger de moi lors du Conseil ! Je n'ai pas à t'obéïr, je n'obéïs qu'aux ordres de Sokà ! » Cracha-t-elle sans lâcher sa proie des yeux. « Je me moque pas mal de ce que tu peux penser de moi mais je ne laisserai jamais un sauvage Orcitàn me traiter d'idiote alors que vous n'êtes faits que de rage et de violence!  » Enchaina la marchande en grimaçant de dégout. « Provoquer une guerre dis-tu ? Laisse-moi rire ! Vous êtes les premiers à l'avoir menée avec autant d'acharnement ! » Là son expression se fit plus furieuse à l'instant où les souvenirs de son frère ainé tué par la lame Orcitane virent hanter son esprit. Son souffle était rapide, sa gorge serrée, l'envie de frapper cet homme aux larges épaules, au visage dur, taciturne, remplis de secrets et de cicatrices était immense. Pour avoir blessé son orgueil à nouveau, avec ses mots maladroits et blessants, elle aurait aimé le voir souffrir. Seulement voilà, une part d'elle, tapis dans le dénie, savait pertinemment qu'il souffrait déjà, que la guerre avait laissé des traces indélébile sur ce coeur si froid, des traces monstrueuses sur sa chaire, dans son âme et qu'elle, pauvre petite fille choyée ne pouvait ne serait-ce qu'imaginer son supplice. Ses grands yeux furieux se chargèrent de larmes avant qu'elle ne lève la tête vers le ciel, soufflant profondément comme pour évacuer toute cette violence qui s'insinuait en elle.

« Puisque...puisque je suis si encombrante...si je croise un envahisseur...tu n'auras qu'à le laisser me tuer, personne ne t'en voudra ! » Esrä prononça cette ultime tirade plus calmement mais non sans gratifier à nouveau Dorran d'une œillade pleine de défie.

Croisant les bras, elle laissa le silence s'installer à nouveau entre eux sans rien ajouter avant que finalement sans prévenir elle ne se détourne de l'homme et dans un petit cri emprunt de frustration, ne s'éloigne de lui. Ses pas déterminés l'éloignèrent de la scène. La déesse lune, témoin privilégiée du spectacle, emportait avec elle leur pacte fait de concessions, de promesses étranges et d'agacement. Un très étrange mariage se préparait, encore fallait-il que l'heureux couple survive aux prochains jours...

S a n i e


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