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 L'écriture c'est dur !

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₪ Emploi : Mercenaire

Feuille de survie
₪ Inventaire:
Dim 13 Mai - 22:49

Petite introduction.

L'oeuvre que j'essaye d'écrire s'axe autour du point de vue de deux personnages pour le moment, Pendragon et Genessis. Un chapitre de l'un succédant à l'autre. J'ai choisis de poster les premiers chapitres relatifs aux deux personnages, mais je constate une grosse différence de taille entre eux.

J'espère que ce ne sera pas trop indigeste, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, mais restez doux avec mon petit coeur.




2040: Au cœur de la tourmente.


Quand la quatrième Grande Guerre commença, Europa ne disposait que de forces réduites et primitive, la plus grande partie de son équipement venait de don de la part de l’Alliance. Cependant, elle bénéficia de l’aide de la Coalition Solaris et d’un vaste soutient populaire dans les premiers temps du conflit. Les forces s’équilibèrent à la suite de la bataille d’Arcadia, désastreuse pour l’Alliance.

Introduction du chapitre sur la quatrième grande guerre, livre scolaire niveau 6eme.


ANTON
La  chaine d’information diffusait encore et encore les mêmes images depuis des heures. Le même journaliste revenait toutes les 15 à 20 minutes pour parler des évènements en cours. Il se tenait devant le bâtiment du Salon Pourpre, la salle du conseil pour tout ce qui était relatif à la guerre et aux conflits au sein d’Europa. Seule la nuit tombante différenciait une apparition d’une autre car au final, les propos tenus finissaient en une bouillie sans aucun sens pour Anton.
Il se tenait là, avachit sur le canapé trônant au centre de son taudis d’appartement.

Les lattes en bois disjointes et la brique poussiéreuse des murs formaient un cadre où l’homme vivait paresseusement depuis plusieurs semaines. L’habitation était composée grossièrement d’une grande salle à vivre avec cuisine ouverte, un bar en pierre. Quelques étagères le long des murs, deux tables basses de part et d’autre d’un énorme canapé en cuir craqué. Seul signe de richesse extérieur, l’immense télé de plus de 2 mètres de large et les innombrables canettes d’une luxueuse bière Allemande.  Un coup du sort malheureux avait contraint l’ancien propriétaire à partir, laissant l’homme dégrader en paix l’endroit.

Cette inactivité contrainte venait du fait qu’il avait tenté d’empêcher ce dont les informations parlaient en boucle. La paix entre Europa et l’Alliance Serice et la création, à terme, d’une fondation avec divers les divers états pour garantir la stabilité. Ce qui serait une première depuis plusieurs décennies. Ce serait alors une véritable catastrophe pour ses activités et celles de centaines d’autres pirates, hors la loi et contrebandiers. Il avait échoué dans son projet d’éliminer le PrimeFinder de l’Alliance Serice et s’était logiquement attiré son courroux. Miller lui avait très clairement dit qu’il le retrouverait et qu’il le tuerait et qu’il pendrait son corps au sommet de la tour infinie.

Anton se mit à rire seul, il repensait à la menace et les brumes de l’alcool lui rendaient une image très amusante de la situation. L’homme pouvant éteindre un soleil voulant tuer celui qui ne peut mourir par la guerre. Tous les deux étaient si puissant qu’ils ne pouvaient se nuire directement, pas sans sacrifier sa vie. Mais Miller avait souvent fait preuve d’une cruelle imagination pour tuer ses rivaux, alors dans le doute Anton s’était caché très loin, dans le trou le plus sordide possible. Il riait de se penser en sécurité, inaccessible aux pouvoirs de Miller.

Péniblement, car ses genoux de quadragénaire le faisaient souffrir, l’humain se leva et alla se chercher une bière dans le frigo. Mais celui-ci se révéla vide d’alcool, plus une seule goutte. Ses yeux, d’un vert vif, trouvèrent l’horloge murale. Il était plus de minuit, aucun magasin ne serait ouvert aussi tard.

La petite soirée alcoolisée était terminée…

Grognant de frustration et de colère, l’humain se mit à faire les cent-pas et jetant des coups d’œil furieux à l’écran. Sauf que pour une fois, les images n’étaient pas les mêmes… Un homme aux cheveux blancs, tirant sur l’argent. Très musclé, les yeux laiteux, marchant d’un pas vif s’approchait d’une estrade pour y prendre la parole. Il parla dans un français impeccable à l’accent à peine prononcé. Son costume cérémoniel envoutant littéralement la caméra et Anton :

- Miller…

Ce fut tout ce que la voix rauque et éraillée d’Anton put articuler, cela faisait longtemps qu’il avait du mal à parler. Un de ses combats lui avait laissé cette séquelle, réparable, mais l’humain n’avait jamais pris le temps de se faire soigner. Son attention se porta sur le PrimeFinder, le représentant du peuple des pathfinders et des Arths. Les premiers étant la caste guerrière des seconds. Miller parlait de sa voix calme et froide, à la diction parfaite et  aux mots calculés :

- …Le capitaine d’Europa, Karl Flanigan promet la mise en place d’une armée commune pour garantir la paix et la sécurité sur la totalité de l’ensemble de nos territoires. La mission première de notre fondation sera la destruction de la piraterie et la récupération de l’espace paria. Jamais plus une guerre comme celle que nous  avons traversée ne doit entacher notre histoire. J’en appel à tous, peu importe votre race, votre croyance, acceptez cette union nouvelle. Je m’engage devant vous à la réussite et à un avenir meilleur…

La télé ne termina jamais le discours, d’un geste rageur, Anton avait fait s’envoler une des tables dans l’écran. Le choc fut si violent que le meuble explosa en un millier de fragments de plastique et de verre. Une aura rougeâtre courait le long des doigts tendus de l’Humain. Lui aussi avait été béni et lui aussi avait de puissantes capacités. Qu’un dieu prenne en pitié ceux qui voudraient lui faire du mal. La sensation de la puissance coulant dans ses membres donnait envie à Anton de détruire le reste de son salon.

Ce qu’il fit ! D’un geste de main, il envoya une puissante vague d’énergie rouge, le canapé vola contre le mur le plus proche et se brisa dans un bruit assourdissant.  

Comme happé dans un tourbillon de vent, les objets légers se mirent à tournailler dans la pièce pendant que les meubles craquaient, projetant des éclats dans tous les sens. Bientôt, il ne resta plus rien sinon un champ de ruines dans le salon. Enfin, la colère reflua et Anton se relâcha un peu, la fatigue consécutive à sa démonstration de force se fit sentir. Il se dirigea vers sa chambre, le peu sûr et finit par s’écrouler dans le lit. Aussitôt, il tomba dans un profond sommeil.

***

Anton se réveilla en sursaut, une étrange sensation lui prenait le ventre, une sensation comme il n’en ressentait pas souvent. Uniquement quand il était en danger et que quelqu’un voulant lui faire la peau se trouvait proche. Il se redressa et contempla sa chambre, la lumière blafarde des deux lunes de Corben dévoilait un paysage fait d’armes, de déchets et de vêtements. Un dépotoir, une déchèterie. Rapidement, l’humain se leva et chercha quelque chose d’utile dans les tas qui se trouvaient au sol. Il finit par mettre la main sur un M77, un pistolet, en bon état et avec quelques balles dans le chargeur. Heureusement qu’il avait dormit habillé !

A peine eu-t-il le temps de saisir l’arme qu’une vitre se brisa et un tintement métallique, suivit d’une détonation blanche et assourdissante, remplit la pièce. Aussitôt après, en dépit de ses sens handicapés, Anton entendit des corps lourds et nombreux pénétrer dans sa chambre. Il se jeta sous son lit, toujours à moitié aveugle et sourd. Il rassembla son énergie autour de lui et la fit détonner, le couchage s’envola et heurta le plafond. Les déchets et les intrus furent projetés avec violence contre les murs. Ils ne furent sonnés qu’une demi-seconde mais elle fut suffisante pour qu’Anton retrouve assez de sens pour engager le combat.

Il s’élança sur l’adversaire le plus proche, dans son dos le lit retrouva le plancher dans un fracas, et il lui colla son arme sous la gorge. Le bruit du coup de feu fut en grande partie absorbé par le casque que portait l’agresseur. Son corps, n’eut pas le temps de toucher le sol qu’Anton se jetait sur un autre.

Il eut quelques balles sifflantes, mais elles passèrent loin et l’Humain se retrouve bien vite en position pour abattre son second adversaire.  Sa mort ne fut pas totalement vaine car elle laissa assez de temps aux autres de s’organiser et ils déployèrent un nuage de balles, faisant cracher toutes leurs armes. La seule réponse d’Anton fut de mettre entre eux un mur d’énergie rouge, sur lequel les balles s’écrasèrent. Bien vite, trop vite, les armes claquèrent vides et les hommes surent qu’ils étaient morts.

L’humain fit appel à sa force et broya un à un les assaillants, laissant les armures devenirs des pièges mortels, enfonçant les casques et les plastrons. Il eut un concert de hurlement pendant ces quelques instants, mais quand le dernier râle fut poussé, un silence assourdissant revint dans la chambre.

Il fallut un petit moment pour qu’Anton remette ses idées en place, quand il réussit enfin à aligner une pensée cohérente, la première chose qui lui sauta aux yeux fut que les hommes portaient des armures de l’Alliance. Miller avait tenu parole et envoyé des limiers pour le traquer. Pourquoi seulement six ? Pourquoi comme ça ? C’était un mystère…

Miller savait pertinemment que ce genre d’assaut ne pouvait pas réussir, c’était envoyer à la mort le commando. Pourquoi ? Peut-être pour lui signifier qu’il n’avait nul par où aller ? Ou alors ce n’était que la première étape d’une de ces machinations dont le PrimeFinder avait le secret.

La seconde chose qui lui vint à l’esprit fut que sa cachette n’était pas très sûre et qu’il fallait changer au plus vite. Mais avant toute chose, l’humain prononça une épitaphe pour ces soldats, de sa voix rauque il dit :
- Dans ta gueule Miller.  






FLANIGAN

Europa dispose d’une force armée considérable, de nombreux hommes, de bons vaisseaux et un équipement performant. Mais sa principale force d’action est le corps des super-soldat «  Spirit », il se décompose en plusieurs programmes d’augmentation physique, faisant d’hommes et de femmes exceptionnels des armes au service de la liberté. Les programmes sont appelé « Ghost », « Shade », « Shadow » et « Nightmare ».


Introduction du chapitre sur la création d’Europa, livre scolaire niveau 6eme.

L’uniforme impeccable de Flanigan, sa coupe précise et sa barbe taillée donnait au capitaine un air sévère mais rassurant. Ces traits physiques le rendaient sympathiques pour la plupart des gens et il le savait, c’est même pour cela que le capitaine passait autant de temps à parfaire son rasage tous les matins. L’homme faisait les cent-pas dans la salle de briefing, il attendait que la réunion commence. Il était calme et maitre de lui, cependant, au fond de son corps, il sentait une petite pointe appréhension. Ce serait la première fois depuis quinze ans, soit le début de la guerre civile, que des Pathfinders et des Solaris participeraient à une réunion militaire d’Europa.

Autant l’humain détestait les pathfinders, à cause de Miller principalement, autant il avait énormément de respect pour les Solaris. Ces champions du peuple Daimon ne formait pas encore une « espèce » comme pouvaient le faire les pathfinders. Cette caste n’avait pas plus de 100 ans et ses membres étaient peu nombreux. Il devait en avoir quelques milliers dans toute la galaxie au début de la guerre civile mais les purges de Miller avaient réduit ce nombre à quelques centaines. Heureusement pour eux, la paix allait leur permettre de retrouver une démographie digne de ce nom.

Le fait que Jynae Hammond et Miller Cirtas viennent tous les deux représentait une situation potentiellement explosive en dépit de la paix récente. Souvent, les gens avaient résumé la guerre à une lutte entre Miller, Hammond et Flanigan. Chacun étant le porte étendard de son peuple et chacun étant unique à sa façon. L’homme soupira, dire que tout ça ne lui serait pas arrivé si trente ans plus tôt il n’avait pas suivi un recruteur de l’armée :

- Je veux une vigilance constante, si vous voyez que l’un ou l’autre commence à s’agiter, vous vous montrez. C’est clair ?

Il disait ça aux quatre soldats qui occupaient les coins de la pièce. Ceux-ci savaient quoi faire et ils le feraient bien. Flanigan le savait car c’était lui qui les avaient sélectionnés pour le programme de super-soldat « Shade ». Ce programme avait pour but de renforcer le corps, la force et la vitesse des sujets au-delà même des capacités limites de celui-ci.

Ces soldats pouvaient subir les pires traumatismes physiques existants, leur corps guérissait en quelques instants et seule la destruction d’un point précis de leurs améliorations pouvait les tuer.
Flanigan avait été le premier de ce type de soldat, il fut et reste le seul « Ghost », le prototype, le symbole de l’élite de l’humanité. Celui qui avait retenu une armée de dix milles hommes à lui seul, détruit trente chars et sauvé la vie de millions de personnes.

Le dit symbole continuait à faire les cents-pas, il revérifia une trentième fois la disposition de la table. Les dossiers, les eaux et nourritures, les sièges adaptés aux morphologies respectives et même des stylos spécifiques aux races. Enfin, un petit signal lumineux, indiqua que ses invités approchaient.

Moins de trente secondes plus tard, Miller entra dans la pièce, flanqué de sa sœur jumelle Milly et d’une Arths que Flanigan mit quelques instants à reconnaitre. Quand il l’eut identifié, son envie de quitter la pièce fut multiplié par des centaines de facteurs. Sans un mot, les trois s’installèrent.

Ce fut au tour de la délégation Solaris d’entrer. Jynae marchait en tête, il n’était accompagné que de son bras droit, Vélyze Delima. Flanigan leur avait sauvé la vie au début de la guerre et ils avaient gardés cette dette à l’esprit quand il fallut faire des choix durant le conflit.

Pour finir, deux humains entrèrent dans la pièce ; Dana Smith, capitaine de la frégate « Juthland » et Romain Blücher, capitaine du croiseur « Amsterdam ».  Les deux étaient parmi les meilleurs dans leurs domaines respectifs. En somme c’était les intrusions en territoire lointain et les opérations de sabotage. Flanigan avait du respect pour les deux, mais il aurait aimé éviter la présence de Smith durant la réunion. Entre elle et l’arths, il y avait trop d’ancienne relation sentimentale dans la pièce.

Tout le monde finit par s’installer autour de la table. La tension était palpable, la paix ne pouvait effacer les tensions entre les gens et les peuples. Flanigan se plaça au bout de la table, les deux mains posées sur la surface froide. Il inspira puis prit la parole :

- Merci d’être venu. Ce ne sera pas simple, je ne vous cache pas que ce que je vais vous dévoiler va faire grincer quelques dents.

Il invita d’un les gens à ouvrir les chemises posées sur la table :

- Il y a sept jours, un transporteur de pèlerins s’est fait attaquer par le pirate Ezia Jarel à la frontière entre l’empire Centralien et l’Hégémonie Skylienne. Un de nos rôdeurs à suivit pendant quelques temps Jarel. Je vous rappelle qu’il  a dérobé un cuirassé de classe Terreur l’an dernier, et il se trouve que ce salaud à mit la main sur un objet d’une très grande valeur.

A la mention du mot objet, Smith et l’Arths fusillèrent du regard Flanigan. Car l’objet en question se trouvait être une jeune femme. Une prêtresse promise à un mariage avec un grand général de l’armée Skylienne :

- Si le rapport est exact, cette fille serait une sans-voix, ces fameuses assistantes liées par un contrat magique avec l’homme qu’elles épousent. Elles bénéficient d’une éducation très poussées et même si elle est encore « vierge » les informations qu’elle pourrait avoir en sa possession nous seraient utiles.

Miller fixa Flanigan, puis déporta sur regard sur Jynae avant de dire, calmement mais d’un ton accusateur :

- Utile pour qui au juste Flanigan ?

- Utile pour nous tous. Après tout ce temps, que savons-nous des Skyliens ? Rien, à part que ce sont des religieux fanatiques. Je me souviens bien de l’affaire du « Furious Angles », ils ont massacré l’équipage de ce cargo juste car ils écoutaient un sermon « impie ». Tôt ou tard, ces gens nous attaquerons, tous, car nous ne sommes pas de leur culture. Il faut nous préparer à cela et cette gamine serait une opportunité.

Les représentants autour de la table approuvèrent discrètement. Les skyliens étaient une véritable énigme pour les peuples étrangers et ils pesaient comme une épée de Damoclès sur eux. Milly, qui était quelqu’un de silencieuse, prit la parole :

- Ne risques-t-on pas des représailles si cette enfant entre en notre possession ? L’histoire prouve que des guerres peuvent commencer à cause de femmes…

Jynae interpella Milly, lui aussi détestait Miller mais avait de l’affection pour sa sœur. Elle était la première à s’être opposé à son frère et avait sauvé des milliers de vies :

- C’est probablement vrai, mais laisser cette gamine dans les mains d’un pirate aussi dangereux n’est pas une bonne idée. Les Skyliens pourraient aussi bien s’en prendre à nous pour l’avoir laissée entre ses mains. C’est bien là le problème, nous ne savons pas comment ils réagiront… Alors, Flanigan, c’est à vous que je pose la question : Que propose Europa ?

Il eut plusieurs soupires mais Flanigan n’en tint pas compte, il se redressa et déclara :

- J’ai fait mander le capitaine Blücher pour cette mission. Il est expert en recherche et élimination. J’ai toute confiance en ces capacités à retrouver Jarel et récupérer la jeune fille. Cependant, vu que nous sommes censés former une alliance, je vais vous demander à chacun d’affecter un croiseur à la mission.

Vézyle se pencha pour murmurer quelques mots à l’oreille de Jynae. Dans le même temps, l’arths entama une conversation avec Milly. D’ici, Flanigan ne pouvait les entendre mais le contenu de la discussion ne faisait aucun doute. Finalement, ce fut aux Solaris de parler :

- La coalition ne peut se passer de croiseur pour le moment, nous ne pourrons rien affecter de plus gros qu’une frégate.

Mensonge ou non, Flanigan ne pouvait qu’hocher de la tête et les remercier de leur aide. Il restait à connaitre l’opinion des pathfinders sur le sujet, dont la réponse tardait à venir. Au final, la jeune arths se leva et dit :

- L’Alliance offre un croiseur de combat pour la mission, ce sera le minimum pour venir à bout d’un tel pirate.

En disant ça, elle regardait Flanigan d’un air contrit. Il évita son regard et se contenta de murmurer « très bien ».  Soucieux de sortir de cette situation inconfortable, il s’assit en bout de table et invita ses hôtes à ouvrir la deuxième chemise. Il ne dit rien, laissant le plaisir de la découverte à ses invités. Il guetta en particulier la réaction de Miller. Le rapport contenait des notes sur un assaut mené par une demi-douzaine de soldats contre un certain Anton Pendragon. Cependant, le pathfinder ne dit rien et ne laissa paraitre aucune émotion sur son visage. D’un geste lent, il se contenta de repousser le document et déclara :

- J’ai mal analysé la situation, je pensais qu’un assaut surprise la nuit pouvait marcher.   C’était mal jouer, je l’avoue.

Le capitaine Smith lança d’une voix acerbe :

- Mal joué… six mort et la plus dangereuse menace, après vous-même, pour la galaxie en fuite. Moi je dis que c’est plutôt du bon travail ! Après tout, pourquoi faciliter la tâche aux gens qui le surveillaient ? Pendragon était, sur Corben, calme, il n’avait plus d’hommes sous ses ordres, un seul vaisseau à moitié rouillé. Il se tenait à carreau ! Il fallait le laisser respirer mais non… Vous et votre putain d’égo, vous vouliez régler ça comme si vous attaquiez Flanigan. En tapant dessus jusqu’à ce qu’il vous défonce !

Smith était certainement la personnalité la plus étrange de toute l’armée d’Europa. Son franc-parler, son sens du devoir et son maigre respect de la hiérarchie l’avait rendu célèbre à de nombreuses reprises. Lors d’une cérémonie officielle, elle avait giflé un général d’armée lui ayant fait une remarque malheureuse. Elle était depuis peu appréciée dans les hautes sphères et par les diplomates. Mais ses talents au combat faisaient d’elle un élément essentiel de la flotte d’Europa. Imperturbable, elle continua sa tirade accusatrice :

- Commandant Cirtas, c’est encore votre honneur bafoué qui a joué contre vous. Laissez aux humains l’ocasion de mettre la main sur cette ordure.  Je vous assure que…

Pour éviter que la situation s’envenime gravement. Flanigan interrompit Smith en parlant fortement :

- C’est pour ça que je partirais à la recherche de Pendragon avec l’aide du capitaine Smith et ma garde rapprochée. Nous chercherons un moyen diplomatique de l’arrêter ou au moins de neutraliser ses capacités de nuisance. J’aurais cependant besoin de l’aide d’un Solaris et – il inspira longuement avant de dire ça- de quelqu’un pouvant servir d’intermédiaire avec les triades Arths d’Alpha.

Pourquoi hésiter si longtemps et avoir autant de mal à demander cela ? Car la seule personne à pouvoir le faire se trouver dans cette pièce et il préférerait ne pas avoir à traiter avec. Vaguement, il entendit Miller donner son assentiment et Jynae fit de même. Il les remercia d’un geste, Vélyze se joindrait à eux pour l’opération. Il était très fiable, aussi loin que l’humain se souvenait, ce solaris secondait Jynae avec efficacité et loyauté.

Le reste du briefing se déroula dans une sorte de voile où Flanigan donnait mécaniquement ses instructions. Quand vint enfin le temps de lever la séance, l’humain se retourna et écouta les gens partir. Il connaissait le pas de chacun à la perfection, aussi il sut que l’arths était restée dans la pièce.  En effet, lors de leur première rencontre, des années plus tôt il l’avait blessé à la jambe. Cette blessure n’avait jamais réellement cicatrisée et l’obligeait à marcher en boitant légèrement. Clac, clac, son pied gauche sonnait un peu plus fort que le droit, rythmant son pas.

D’un geste, il ordonna à ses soldats de sortir. Mais il ne se retourna pas, faisant clairement comprendre ses intentions. Il n’engagerait pas la  conversation et ne ferait rien pour la rendre plus facile. Un long silence s’étendit entre eux, puis finalement, elle le brisa :

- Karl.

- Stalia ?

Stalia Dena, le nom de l’arths. Ambassadrice et l’une des premières personnes que Flanigan ait rencontrées lors de la découverte de l’alliance presque vingt ans plus tôt. Ce souvenir d’un temps plus heureux était douloureusement clair dans l’esprit du Ghost. Ils s’étaient rencontrés, connus et aimés en dépit de leurs races et de leurs différences culturelles. Mais la vie et les jeux politiques avaient brisés cette relation. Cela faisait presque quinze ans qu’ils étaient séparés, mais la douleur de cette perte restait vive, comme une plaie béante retraçant et parlant de ses choix.

Durant la guerre, ils s’étaient croisés plusieurs fois dans des circonstances délirantes. Chacun avait tenté de tuer l’autre, chacun avait sauvé l’autre de la mort. Il y avait entre eux une histoire d’amour et de haine qui les retenaient l’un à l’autre. Comme une chaine qu’aucun ne pouvait ni ne voulait briser. Alors même que se retrouver en la présence de l’autre brûlait comme un tisonnier.
L’Arths se tenait à deux pas à peine de l’Humain, une distance qu’elle ne franchirait pas :

- Sharay va se marier l’année prochaine. Son petit ami lui a fait sa demande et j’ai accepté de bénir cette union.

- Sa mère fait preuve d’une sacrée stupidité ! Laissez une fille de 16 ans se marier…. Tu parles d’un peuple évolué !

Cette pique grossière et sans finesse envers les traditions Arths n’était d’ordinaire pas dans les habitudes de l’humain. Au contraire, il avait toujours eu du respect pour eux mais cette nouvelle ne lui faisait pas plaisir. Stalia, plus diplomate que son ex-mari, ne répondit rien et attendit que sa curiosité naturelle vainque ses réticences à lui parler :

- Je le connais ?

- Oui, un elfyque du nom de Finrael, un mage.

Toujours sans se retourner, Flanigan haussa les épaules et commença à jouer nerveusement avec ses mains. L’arths regardait les mouvements saccadés de ses épaules, comprenant que cette révélation le perturbait. En effet, il connaissait Finrael, ils avaient traités ensemble lors de la crise d’Arcadia… et il en avait gardé un mauvais souvenir. Cependant, il n’insista pas plus sur lui et changea de sujet :

- Elle ignore  toujours qui je suis ?

C’est ce qui brûlait le plus  Flanigan, il était contraint de voir sa fille évoluer dans un monde dangereux et le considérant comme un ennemi. Il était parti avant qu’elle ne puisse garder le moindre souvenir de lui et Stalia avait alors décidé de cacher l’identité de son père à son enfant.

- Toujours. Tu sais que je ne peux lui dire. De plus – sa voix se brisa- ça ne changerait plus rien maintenant. Elle te déteste et te détesterait encore plus et elle se détesterait si elle savait que son pire ennemi est son père.

Flanigan se retourna, faisant face à Stalia. Légèrement plus petit qu’elle, il leva les yeux, plongea son regard bleu acier dans celui noir nuit de la femme. C’était ces deux éléments qui avaient marqués le ghost, la toute première fois qu’ils s’étaient rencontrés. Le fait qu’elle soit plus grande que lui, alors que lui-même était parmi les plus grands de sa race. Mais ces yeux, noirs, profonds et si expressifs. Il se souvenait bien pourquoi elle lui avait plus à l’époque.  Sa jeunesse et son esprit vif, espiègle et joyeux tranchait avec la gravité de leur rencontre et c’est grâce à cela que l’humain s’était sentit si bien.

A l’inverse, c’était les yeux très clairs de Flanigan et son physique un peu faiblard pour les standards Arths qui avait plus à Stalia. Mais ce qui l’avait marqué c’était son courage et sa force de caractère. Il découvrait un monde, une galaxie entière, il était le premier de sa race et pourtant ! Il était resté stoïque, sans jamais paniquer ni même hésiter. Il était et reste fort, c’est pour ça que pendant toute ses années elle s’était toujours refusée à le tuer.

- La faute à qui ?

Chaque conversation, durant ces quinze ans avaient terminés de cette façon. Qui était en tort et qui avait eu raison ? Le résultat était toujours le même, Flanigan avait abandonné sa famille en pensant servir la  raison, restant fidèle à l’humanité. Stalia était restée fidèle aux peuples de l’Alliance en dépit des dérives de Miller. Chacun reprochant à l’autre d’avoir pris la mauvaise décision. Cependant, pour la première fois depuis des années, la réponse de Stalia ne fut pas la même :

- Tu as fait ton devoir.  J’ai fait le mien. Je regrette ce qui s’est passé mais plus rien ne pourra le changer. Flanigan… nous nous sommes affrontés, nous avons essayés de nous tuer. Pour récupérer Sharay par exemple. Aucun de nous n’est fautif, nos valeurs sont simplement trop différentes et, après tout ce temps, je suis surpris que tu ne sois pas arrivé à la même conclusion.

Karl soutint son regard, sa bouche se tordit en une mimique grotesque et il finit par lâcher :

- J’ai fait mon devoir envers mon peuple, mais pas seulement, j’ai tenté d’empêcher un génocide. Cet acte m’a valu la reconnaissance d’autres races. Quand j’ai vu que tu soutiendrais ce fou furieux de Miller, j’ai eu le cœur brisé de te voir te perdre sur ces sentiers. Pourtant, j’aurais été prêt à t’y laisser car justement, je comprenais ton point de vue et je savais que ton éducation ne pouvait que tu pousser à le défendre.

En disant ça, il se rapprocha d’un pas et sa voix, pourtant douce en temps normal, si douce même qu’elle était sujet à moquerie dans l’armée d’Europa. Sa voix si douce qui se transformait en une grosse voix grave et sèche, puissante et pleine de colère. Ses yeux fusillaient du regard l’Arths :

- Mais toi ! Tu m’as interdis d’éviter ce déchainement de violence à notre enfant ! Elle aurait dû être la fille de nos cultures, le lien entre nos peuples ! Pas un produit formaté par la haine.

Ce fut au tour de Stalia d’élever la voix, mais elle restait plus mesurée que son ex compagnon :

- Tu parles de haine, alors que ton existence même est basée sur celle-ci. Flanigan, tu es l’être que tu es car il fallait un monstre de haine pour combattre ce que la raison n’avait jamais su arrêter.

Stalia faisait référence à une guerre antérieure à la découverte de l’alliance, une guerre qui avait contraint les pays d’Europe à revoir leur politique commune pour survivre face à un déchainement fanatique ayant enflammé toute la planète. La situation était devenue si critique qu’il avait fallu créer des armes nouvelles et Flanigan était l’une d’entre elle.

La dispute aurait pu continuer encore longtemps, mais elle serait encore demeurée stérile. Aussi, l’humain se détourna de Stalia et se dirigea vers la sortie. Dans son dos, des mots raisonnèrent :
- Quand nous retrouverons Anton. Que feras-tu ?
Il n’eut comme réponse de sa part juste un claquement de porte violent et des insultes murmurés trop bas pour être entendu.
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